Les Pleurs, exemplaire annoté, de la collection Descaves : Exemplaire des Pleursde la collection de Lucien Descaves, avec annotations autographes selon lui. Marc Bertrand indique dans son édition de 1973 des Œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore, à propos du poème « Révélation » : « L'édition originale des Pleurs contient la même version du v. 24 que le mscr. 11. Mais l'exemplaire du volume que possédait L. Descaves porte une correction manuscrite de la main de Marceline, que nous avons adoptée. Nous en avons fait autant pour le v. 157, qui n'existe pas dans l'édition originale, mais que l'on trouve (en addition manuscrite) dans l'exemplaire Descaves, et d'ailleurs dans le mscr. 11 » ; à propos du poème « Les Ailes d'ange » : « L'exemplaire possédé par L. Descaves porte au v. 10 une correction manuscrite de la main de Marceline : “Vinrent” au lieu de “Viennent”, qui est la version de l'édition originale. » ; à propos du poème « L'Impossible » : « Nous avons adopté au v. 1 une correction manuscrite de Marceline sur l'exemplaire des Pleurs possédé par L. Descaves : “ces jours” au lieu de “ce jour” ». Giacomo Cavallucci indique dans sa Bibliographie critique de Marceline Desbordes-Valmore : « Le 18e vers de cette pièce [le poème “Louise Labé”] “Ressemble au papillon sur l’épine arrêté” manque à l’édition originale des Pleurs. Il a été rétabli au crayon par Marceline sur l’exemplaire que possède M. Lucien Descaves. »
Éditions du poème :
Éditions du poème dans des recueils :
« XXXIX. Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Les Pleurs. Poésies nouvelles, Paris : Charpentier, p. 213-218, 1833
« Ma Fille », Marceline Desbordes-Valmore. Les Pleurs. Poésies nouvelles, Paris : Madame Goullet, 1834
Éditions du poème dans des volumes de l’œuvre poétique de Desbordes-Valmore :
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore. 1819-1859. Les Enfants et les Mères, Paris : Lemerre, p. 182-184, 1887
« Ma Fille », Marceline Desbordes-Valmore. Œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore. Reliquiæ. Volume 4, Paris : A. Lemerre, p. 303, 1922
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Poésies complètes de Marceline Desbordes-Valmore publiées par Bertrand Guégan avec des notes et des variantes, tome second, Paris : Éditions du Trianon, p. 280-282, 1932
« Ma fille », Marc Bertrand. Les Œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore, tome 1, Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, p. 226, 1973
« Ma fille », Marc Bertrand. Marceline Desbordes-Valmore, œuvre poétique, Lyon : Jacques André éditeur, 2007
Éditions du poème dans des anthologies de poèmes de Desbordes-Valmore :
« À ma Fille », Marceline Desbordes-Valmore. Les Poésies de l’enfance, par Mme Desbordes-Valmore, Paris : Garnier Frères, p. 163-166, 1869
« À ma Fille », Marceline Desbordes-Valmore. Les Poésies de l’enfance, par Mme Desbordes-Valmore, Deuxième édition. Revue et augmentée. Paris : Garnier Frères, p. 168-171, 1873
« À ma Fille », Marceline Desbordes-Valmore. Les Poésies de l’enfance, par Mme Desbordes-Valmore, Troisième édition. Revue et augmentée. Paris : Garnier Frères, p. 168-171, 1876
« À ma Fille », Marceline Desbordes-Valmore. Les Poésies de l’enfance, par Mme Desbordes-Valmore, Quatrième édition. Paris : Garnier Frères, p. 168-171, 1881
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Œuvres choisies de Marceline Desbordes-Valmore avec études et notices par Frédéric Loliée, Paris : Libairie Ch. Delagrave, p. 115-116, 1909
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. L’amour, l’amitié, les enfants, mélanges. Choix, notices biographique et bibliographique par Alphonse Séché, Paris : Louis-Michaud, p. 82-83, 1910
« Ondine », Marceline Desbordes-Valmore. Poésies. Choix et notice par Oscar Colson. Bibliothèque francaise, Vol. LVI, Berlin : Internationale Bibliothek, p. 129-130, 1923
« Ma fille: Ondine, enfant », Marceline Desbordes-Valmore. Poèmes et proses [Préface et notes de Tony Taveau], Paris : Marcel Seheur, p. 123-124, 1928
« Ma fille. Ondine ! enfant joyeux », Marceline Desbordes-Valmore. Choix de poésies. Préface par André Dumas. Bibliothèque-Charpentier, Paris : Fasquelle, p. 231-232, 1933
« Ma Fille », Jeanine Moulin. Poètes d’aujourd’hui. Marceline Desbordes-Valmore, Paris : Seghers, p. 158-160, 1955
« Ma Fille », Marceline Desbordes-Valmore. Poèmes, Paris : Tchou, p. 94-96, 1965
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Poésies. Préface et choix d’Yves Bonnefoy, Paris : Gallimard nrf, p. 94-96, 1983
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Poesie, a cura di Giuseppe Pintorno, disegni di Francesca Amat, testo francese a fronte, La Vita Felice, p. 118-122, 1994
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Textes choisis et présentés par Marc Bertrand, HB Editions, p. 72-73, 2001
« À ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Amour partout ! et autres poèmes, illustré par Julie Joseph, Paris : Gallimard jeunesse, p. 12-13, 2021
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Poésies. Dossier par Virginie Belzgaou, Folio+ Lycée, Paris : Gallimard, 2021
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Des fleurs et des pleurs. Poésies choisies. Choix des poèmes par Yohann Ringuedé, Librio 3€, Paris : J’ai lu, p. 44-46, 2023
« Ma fille », Marceline Desbordes-Valmore. Poèmes éternels, Vanves : Hachette collections, p. 83-85, 2025
Autre édition du poème :
« Ondine », Marceline Valmore. La Fauvette : souvenirs de littérature contemporaine, Paris : Veuve L. Janet, p. 80, 1842
Traductions du poème :
italien :
« Mia figlia », Giuseppe Pintorno, Poesie, a cura di Giuseppe Pintorno, disegni di Francesca Amat, testo francese a fronte, p. 119-123, Milan : La Vita Felice, 1994
slovène :
« Moja hči », Marija Javoršek, Poezije, Ljubljana : Književno društvo Hiša poezije, 2016
Texte du poème (selon l’édition de Marc Bertrand de 1973) :
MA FILLE
T’is very strange, my little dove,
That all I ever loved, or love,
In wondrous visions still I trace
While gazing on thy guiltless face.
Robert Burns.
Ondine ! enfant joyeux qui bondis sur la terre,
Mobile comme l’eau qui t’a donné son nom,
Es-tu d’un séraphin le miroir solitaire ?
Sous ta grâce mortelle orne-t-il ma maison ?
Quand je t’y vois glisser dansante et gracieuse,
Je sens flotter mon âme errante autour de toi :
Je me regarde vivre, ombre silencieuse ;
Mes jours purs, sous tes traits, repassent devant moi !
Car toujours ramenés vers nos jeunes annales,
Nous retrempons nos yeux dans leurs fraîches couleurs ;
Midi n’a plus le goût des heures matinales
Où l’on a respiré tant de sauvages fleurs !
Le champ, le plus beau champ que renfermât la terre,
Furent les blés bordant la maison de mon père,
Où je dansais, volage, en poursuivant du cœur
Un rêve qui criait : "Bonheur ! bonheur ! bonheur !"
C’est toi ! mes yeux blessés par le temps et les larmes,
Redevenus miroirs, se rallument d’amour !
N’es-tu pas tout ce monde infini, plein de charmes,
Que j’encerclais d’espoir, en essayant le jour ?
Viens donc, ma vie enfant ! et si tu la prolonges,
Ondine ! aux mêmes flots ne l’abandonne pas.
Que les ruisseaux, les bois, les fleurs où tu te plonges,
Gardent leur fraîche amorce au penchant de tes pas !
Viens ! mon âme sur toi pleure et se désaltère.
Ma fille, ils m’ont fait mal !... Mets tes mains sur mes yeux,
Montre-moi l’espérance et cache-moi la terre ;
Ange ! retiens mon vol, ou suis-moi dans les cieux.
Mais tu n’entendras pas mes plaintes interdites.
Dit-on au passereau de haïr, d’avoir peur ?
Tes oreilles encor sont tendres et petites,
Enfant ! je ne veux pas méchantiser ton cœur.
Garde-le plein d’écho de ma voix maternelle :
Dieu qui t’écoute encore ainsi m’écoutera.
Ô ma blanche colombe ! entr’ouvre-moi ton aile ;
Mon cœur a fait le tien ; il s’y renfermera ;
Car ce serait affreux et pitié de t’apprendre,
Quand tu baises mes pleurs, ce qui les fait couler ;
Va les porter à Dieu, sans chercher à comprendre
Ce qu’une larme pèse et coûte à révéler !
Tout pleure ! et l’innocent que le torrent entraîne,
Et ceux qui, pour prier, n’ont que leurs repentirs ;
Peut-être en ce moment les soupirs d’une reine,
Sur la route du ciel, rencontrent mes soupirs.
Mais que l’oiseau des nuits t’effleure en sa tristesse :
Il passe, mon Ondine, il passe avec vitesse :
Sur tes traits veloutés j’aime à boire tes pleurs ;
C’est l’ondée en avril qui roule sur les fleurs.
Que tes cheveux sont doux ! étends-les sur mes larmes,
Comme un voile doré sur un noir souvenir.
Embrassons-nous !... Sais-tu qu’il reste bien des charmes
À ce monde pour moi plein de ton avenir ?
Et le monde est en nous : demeure avec toi-même ;
L’oiseau pour ses concerts goûte un sauvage lieu ;
L’innocence a partout un confident qui l’aime.
Oh ! ne livre ta voix qu’à cet écho : c’est Dieu !
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